Un tramway nommé Kusttram

Après les voyages en train, le voyage en tram. Aller loin en tram, c’est plutôt technique. Heureusement, il y a le Kusttram, plus long tramway au monde − et qui permet de traverser la Belgique de part en part.

Hérité des lignes de tramway du 19e siècle, et bizarrement non démantelé, ce tramway suit le littoral de la côte belge de Knokke, à la frontière néerlandaise, à La Panne, à la frontière française. 70km, 69 stations, près de trois heures de trajet − tout ça pour 2€. Le tram, moyen économique de traverser le plat pays par sa côte.

Profitant de cette escapade pour visiter quelques villes belges (Anvers, Gent, Bruges), la traversée se fera d’Est en Ouest. Le départ se fait donc à Knokke, à deux pas des Pays-Bas. Nous sommes le premier novembre, le soleil de midi est embué, et le tramway, une rame BN des années 1980, part quasiment à vide.

Les premiers kilomètres se font au détour des immenses zones portuaires de Heist et Zeebruges. Écluses, immenses barges, grues et piles de containers, forment un jeu de légo démesuré − et abandonné en ce jour férié.

Rapidement, le tramway suit la route du littoral, abritée derrière sa dune. C’est un peu frustrant de longer la mer sans presque jamais l’apercevoir, à part parfois au loin, au bout d’une ruelle transversale. Puis la côte se bétonne, et le tram se cache derrière d’interminables barres d’immeubles grises. Le soleil se cache aussi. Les voyageurs montent beaucoup, descendent un peu, il n’y a bientôt plus de places assises.

Oostende, terminus d’une escapade pluvieuse voici quelques années. De même, le ciel se couvre franchement de nuages de plus en plus menaçants. Notre tram est plein à craquer.

Puis vient le tronçon, entre Mariakerke et Middelkerke, où le tramway passe sur la dune et non plus derrière − seule partie du trajet où l’on surplombe véritablement la mer. La plage, longue et plate, s’étire sous un ciel fuyant. Quelques promeneurs du dimanche viennent digérer, des familles passent à vélo le long de la voie. Et le tram repart dans l’intérieur des terres.

La fin du trajet se fait derrière de nouvelles barres d’immeubles le long de cette côte bétonnée du début à la fin. Les voyageurs descendent beaucoup, montent un peu. Une femme monte avec son chien. Le conducteur arrête son tramway, et lui demande en flamand de descendre. La demoiselle s’exécute, non sans insulter le conducteur − en français s’il vous plaît.

Enfin, la gare de La Panne, à quelques kilomètres de la frontière française. Nous ne sommes plus qu’une demi-douzaine de passagers. Un crachin froid tombe dru. Terminus.

2 réflexions au sujet de « Un tramway nommé Kusttram »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>